一篇雜誌的譯稿

19Feb08

最近有人在中國出了一份法中雙語文化的雜志,求我翻譯。我本來同意參與是以為可以寫些東西,但是后來說初期的文章,以譯文為主。我想想也很好。過去許多的好譯作,都是上海的租界里的亭子間里寫成的。現在的好譯文雜志,已經很少了。如今有人重新愿意做這樣的事,又看得起我,我就勉為其難,狗耕田一回。很可遺憾的是,編輯們選擇的文章都多少有點清湯淡水,只以下一篇文學評論的豆腐干文章,還算不很無聊。

翻譯比寫作難,當然是說的要翻的好。我覺得在這條道路上,我挺有一些私人的興趣,可以作為一個愛好。我盡力的把這篇豆腐干翻得好些,看看周遭有什么評價否,我可以改正。

【譯文】

文學欣賞:雨果 《明日黎明前》

此一首短詩,僅僅三節[1],卻是法國頂有名,頂受熱愛的詩歌之一。多少法國人都至少可以背誦頭一句或者末兩句。這首詩首次在《沉思集》[2]中發表,時1847年9月3日。
維克多•雨果(誕1802,歿1885),1843年9月3日,他的女兒雷歐珀丁(Léopoldine)同她丈夫在維奇耶村[3]附近,離魯昂下游的阿佛勒爾港口[4]不遠的塞納河段不幸溺亡。因此此詩實有紀念性質。

最為觸動讀者的是這首詩的簡潔。全不用無用的文辭:其中三句,僅以單詞開頭(此三詞為”我出發”、”獨自一人”、”傷心的”)[5]。全詩的意涵都在這三個詞中。悲傷的表達不假諸抒情詩[6]的體調,不需要豪邁的詞句:這是一個做父親的獨自一人給孩子上墳的悲傷。帶去一個簡小的花束,這花束不是買來,而是沿途采得,采擷之自然。

這詩是極親極密的 :悼念懷藏于孤獨中,藏于對至愛的紀念中,藏于對這前往女兒墳墓的路上,所有追思之外的事物默如不見中。作者顯然的,是在作一次虔誠的圣旅。

當然,montagne一詞(譯作山巒)實為詞韻所需[7]:這一地區所有的不過是些丘陵,但是如此一來,同前面的campagne(譯作村野)一詞的韻就很容易的押上了。簡單的詩境,如”鎏金的傍晚”,說的是日落時候天際的色彩。讀者最易體及的,是家常的,極簡單的詞匯;不用所謂”絕望”或者”傷逝的凌虐”[8]這樣花哨的詞,而只用最微弱,最普通的詞:傷心[9]。這可實謂是藝術的手法:用盡少的語句來表達盡大的情感。

而正是因了這情感,雨果的這首詩歌方才廣為人誦讀。

譯注:

[1] Quatrain:為歐洲詩體中最常見的一種段式,每四句作一段,也可僅此四句一段為一首詩,有體韻的規則。
[2] Les Contemplation,1856年巴黎首版。
[3] Villequier:位于法國北部濱海塞那省。
[4] Harfleur
[5] 三詞分別作:partirais, seul, triste
[6] Lyrisme:抒情手法。此詞與英文詞”lyric”同出自希臘文”lyrikos”。
[7] Licence Poétique:詩歌體式,為藝術夸張(Licence Artistique)之一種。作者常為押韻之便,故意改動詞匯或者語法常式。
[8] Désespoir; torture douloureuse
[9] triste

【原文】

POESIE : Victor HUGO

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit.

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Ce court poème, composé de trois quatrains, est l’un des plus connus et des plus appréciés en France. Nombreux sont les Français qui ont gardé en mémoire au moins le premier et les deux derniers vers. Il a été publié dans le recueil Les Contemplations et daté du 3 septembre 1847.

Victor HUGO (1802-1885) avait perdu sa fille Léopoldine, noyée avec son mari dans la Seine à la hauteur du village de Villequier, non loin du port de Harfleur, en aval de Rouen, le 4 septembre 1843. Il s’agit donc d’un poème anniversaire.

Il touche le lecteur par sa simplicité. Pas d’effets oratoires inutiles : seuls trois mots ont été isolés en début de vers partirai –seul - triste. Tout le sens du poème est dans ces trois mots. La douleur est suggérée sans lyrisme, sans grandiloquence : c’est celle d’un père se rendant seul sur la tombe de son enfant, apportant un modeste bouquet, non pas acheté mais cueilli en chemin, simplement, dans la nature.

Poème intime : le deuil se vit dans la solitude, dans la concentration sur le souvenir de l’être aimé, dans l’indifférence à tout ce qui pourrait détourner la pensée de cette marche d’un jour entier vers la tombe de la jeune femme disparue. L’auteur effectue un pèlerinage.

Certes le mot montagne est une liberté que s’autorise le poète (on parle alors de licence poétique) : cette région ne compte bien sûr que des collines, mais la rime au mot campagne est ainsi aisément trouvée. Une seule image poétique, celle de l’or du soir pour traduire la couleur du ciel au couchant. Le lecteur n’est sensible qu’à ce vocabulaire de mots quotidiens, très simples ; pas de « désespoir », de « torture douloureuse », uniquement le mot le plus faible et le plus banal : triste. C’est un procédé véritablement artistique : exprimer le maximum de sentiments avec le minimum de moyens.

C’est à cette émotion ainsi suggérée que le poème doit sa célébrité.

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1 Response to “一篇雜誌的譯稿”


  1. 1 Anonymous Posted March 3rd, 2008 - 4:37 pm

    torture douloureuse 伤逝的凌虐,妙的~

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